Islande 2011

Récit de voyage - Semaine III


Lundi 8 Août 2011

Klaustur - Vik

 

Distance parcourue à vélo: 78 km

Moyenne: 15.2 km/h

 

Nouveau réveil sous la pluie. C’est nuageux mais on aperçoit des morceaux de ciel bleu. Comme tous les matins, nous déjeunons et rangeons rapidement.

Départ vers 8h50. La route est plate. Presque pas de vent. Le rythme est bon. Nous sommes étonnés de voir aussi rapidement le glacier Mýrdalsjökull. Nous pensions le voir seulement une fois arrivés près de Vik...mais non ! Il nous accompagne dès le milieu de la matinée.

Bien que la route soit plate et droite, les paysages changent souvent et rapidement. Au plus loin, le glacier, les montagnes et la cendre qui les recouvre. Au plus près, c’est alternance entre champs de lave recouverts de mousse, champs de pierre, rivière, prairie...

Le soleil est avec nous. Nous en profitons : pauses photos de-ci, de-là. La matinée coule d’elle même, c’est un plaisir. La pause du midi se fera plus près de la mer. Le vent est présent. Il fait un peu plus froid. Nous apercevons les falaises du bord de mer au loin, devant, et le glacier sur notre gauche.

Après la pause du midi, les jambes ont plus de mal à fonctionner et le vent est bien présent. Quelques kilomètres avant Vik, nous franchissons le pont provisoire qui a été construit très rapidement après la destruction du vrai pont début juillet 2011, emporté par une crue (eau issue du glacier au dessus). Les dégâts sont impressionnants, on se sent tout petit.

Nous arrivons sur Vik vers 15h15. Installation au camping puis nous faisons quelques courses pour compléter la préparation de nos provisions pour le trek.

Ensuite, on prends nos petites jambes et direction tout en haut, au dessus de village, sur les falaises. Il y aurait un point de vue pour voir des macareux. Le chemin grimpe bien et les derniers jours, assez sportifs quand même, se sentent dans la montée pour aller voir les "puffins". Arrivés tout au bout, au point de vue, nous apercevons de très près quelques mouettes mais les macareux restent dans l’eau 200 m plus bas. Et ils ne sont pas nombreux. Nous sommes contents d’avoir les jumelles pour les observer de loin. Cette petite balade fait du bien car la fin d’étape a été dure. Repas au fast-food du village et dessert dans la salle commune du camping. Nous y retrouvons nos voisins de camping de Skaftafell (avec qui nous avions échangé à propos de notre futur trek puisqu’ils l’avaient déja fait). Une soirée sympa à discuter.

 

 


Mardi 9 Août 2011

Vik - Seljalandsfoss

 

Distance parcourue à vélo: 64.6 km

Moyenne: 11.9 km/h

 

Nous nous levons assez tôt afin de nous doucher...cela faisait longtemps ! Nous décollons sous le soleil à 9h20. Quel plaisir de plier une tente sèche, de ranger un duvet sec...

L’étape du jour attaque par une montée... pas si courte que çà et bien raide, pour sortir du village. çà fait mal aux jambes. La journée d’hier se fait bien sentir. ça redescend rapidement pour longer  la côte. Le reste de l’étape sera plate. Mais le vent est contre nous et le mauvais bitume (très granuleux), n’aide pas. Il nous est difficile d’avancer. Petite frayeur en cours de route. Un bus, qui arrive face à nous, double une voiture, sauf qu’il le fait sans se soucier s’il y a la place en face, nous nous jetons dans le fossé...Plus de peur que de mal une fois de plus.

Nous n’avançons pas vite et bien que les paysages soient magnifiques, nous n’apprécions pas réellement l’environnement.

12h45, nous arrivons à Skogafoss, une chute d'eau très touristique. Il y a beaucoup de monde mais les touristes ne font que passer rapidement. Nous nous posons sur un banc pour déjeuner. Le cadre est magnifique, la chute d’eau sous le soleil est très belle. Seul le vent froid, nous obligeant à nous couvrir, gâche un peu le tableau. Longue pose déjeuner pour prendre le temps de faire des photos.

14h15 : nous décollons. La destination du soir n’est pas encore connue mais nous espérons moins galérer que ce matin. Le vent est toujours de 3/4 face mais le bitume est meilleur, du coup, nous roulons un peu plus vite.

Nous avançons et perdons de vue le glacier Eyjafjallajökull (qui juxte Mýrdalsjökull et qui a été la cause des soucis liés l’éruption de 2010) alors que nous le longions depuis le midi.

Nous arrivons à une intersection. Une des routes part vers Thórsmörk, lieu de départ de notre trek. Il y a un petit parking avec un enorme 8x8, un monstrueux bus pour emmener les gens en haut des glaciers et notamment sur le lieu de l’éruption de 2010. Un kilomètre après l’intersection, il y a des chutes d’eau dont la plus connue Seljalandsfoss est magnifique. Ce sera notre point d’arrivée pour la journée.

Il y a un petit camping vraiment sympa. Nous nous y installons avant même d’aller voir la chute où des flots de touristes affluent, n’ayant généralement que 10 minutes pour en profiter. Nous, nous avons toute la soirée.

Nous prenons café et gâteau au camping à l’heure du goûter. Ensuite, nous nous baladons le long de la falaise qui offre plusieurs chutes d’eau plus ou moins cachées. Pour certaines, il faut escalader pour les voir, pour d’autres, il faut marcher dans l’eau... Petit "trempage" de jambes pour Renaud dans l’eau fraîche afin d’avoir une belle photo d'une chute cachée. Puis, nous allons voir Seljalandsfoss, chute magnifique. Il est possible de passer derrière. Avec le ciel bleu, c’est un vrai instant de bonheur. En face de nous ces superbes chutes, derrière nous, un grand rien sur des dizaines de kilomètres et sur notre droite, au loin, les îles Vestmann (que nous avons visitées lors de notre premier voyage en Islande en 2009).

Nous dinons dans la salle commune. Il y a pas mal de cyclos. Nous échangeons, c’est agréable. Certains ont fait des parcours de fous. Puis 21h30, c’est le coucher de soleil, magnifique. Mais Renaud n’a pensé à faire des photos qu’à la fin...

 

Nous nous couchons épuisés. Encore une belle journée en Islande !

 


Mercredi 10 Août 2011

Seljalandsfoss - Hella

 

Distance parcourue à vélo: 37.3 km

Moyenne: 15.3 km/h

 

Au réveil, grand ciel bleu, quel plaisir ! La journée commence bien. Par contre, tout est trempé à cause de l’humidité. Quand on voit l'environnement, ce n’est pas étonnant.

Départ vers 9h20. Peu de kilomètres pour aujourd’hui car notre but est de nous arrêter à Hella pour partir en trek depuis ce village.

La route est plate, nous avançons bien. Il n’y a pas de vent mais beaucoup de circulation. Nous nous rendons compte que nous ne sommes pas loin de Reykjavik.

Aujourd’hui, c’est journée de transition pour gérer le trek à venir. Nous finissons de nous ravitailler en chemin.

Nous prenons de la nourriture la plus compact possible, pour qu’elle ne prenne pas trop de place dans nos petits sacs.

Nous arrivons au camping de Hella, sous le soleil, en début d'après midi. C’est un grand camping avec petite cahute, lave-linge, grande cuisine commune, le tout en bon état. Une fois sur notre emplacement, nous sortons toutes nos affaires, les duvets, les tapis de sol, la tente, nous trions les vêtements sales... Aujourd’hui, c’est lessive. Nous laissons tout en plan pour aller mettre la lessive en route. Puis, nous déjeunons, toujours avec nos affaires étaler à même le sol. Nous ne dérangeons personnes, les voisins ne sont pas là. Nous ne rangerons qu’après le repas, tout en étalant nos affaires propres sur nos cordes tendues entre 2 arbres pour les faire sécher. Moralement, cela fait du bien de se dire que nous allons pouvoir mettre des affaires propres, les stocks de vêtements n'étant pas infinis. Nous commencions à arriver à la limite de vêtements propres.  

Nous tentons d’annuler notre nuit de guesthouse réservée pour notre dernière nuit avant le départ de Reykjavik à la fin des vacances. La connexion internet est très lente et aller une étape plus loin sur le site de réservation prend un temps fou. Nous ne sommes absolument pas certains d’avoir réussi. Nous espérons que cela a fonctionné car sinon, cela va nous coûter cher en hébergement.

Petit tour dans le village et ses commerces (supermarché, station-service et boulangerie). Sur le retour, goûter avec une pâtisserie prise à la boulangerie. Nous cherchions de l’huile de dégrippage pour nos anti-vol car cela fait plusieurs jours que nous n’arrivons plus à les ouvrir et les fermer correctement. Hélas, nous ne trouvons pas notre bonheur.Cela nous ennuie car nous devons laisser les vélos pendant notre trek.

Nous profitons de l’absence des autres campeurs à la douche pour nous les approprier longuement.

Nous trouvons également la solution pour nos anti-vols : il y a de l’huile de tournesol dans la cuisine commune. Un petit peu d’huile sur nos anti-vol et ils sont remis en état.

Nous préparons les sacs pour le trek de 3 ou 4 jours. Nous sommes moins bons qu’à la simulation. Il y a trop d’affaires. Nous avons du mal à croire que nous allons tout mettre dans de si petits sacs...mais nous sommes si près du but, ce serait dommage de ne pas se lancer dans l’aventure. Surtout que la météo annonce encore 2 jours de beau temps. Le 3ème et 4ème jour devraient être gris...une météo plutôt optimale pour l’Islande. De plus, nous avons la possibilité de laisser les sacoches au camping et nos vélos attachés à des arbres. Les gérants sont sympas. Encore un petit effort de logistique et nous sommes fin prêts !

 

Une journée logistique, lessive et repos qui fait du bien.

 


Jeudi 11 Août 2011

Hella - Botnar (Premier refuge du Laugavegur)

 

Distance parcourue à pied ~15 km

 

Ce matin, réveil à 7h.

Nnous partons pour une nouvelle aventure. Dur dur le réveil...C’est la première fois du séjour où nous avons autant de mal à nous lever, surtout que ce matin, nous avons un horaire à tenir car nous sommes désormais dépendant du bus. Nous déjeunons très rapidement et nous préparons les affaires pour le trek. C’est une préparation très différente des autres jours puisqu’au lieu d’avoir 5 sacoches et un sac chacun, nous n’avons qu’un sac chacun pour y mettre l'essentiel pour quelques jours de marche en autonomie. Ce n’est vraiment plus aussi facile que dans les simulations et il y a quelques doutes qui émergent... Mais la motivation de Mag fait disparaitre les doutes de Monsieur.

Nous sommes fin prêts. Les sac sont affreusement lourds...enfin, c’est ce qu’il nous parait. En réalité, ils sont bien moins lourds que lors de nos treks habituels, mais ce ne sont pas des sacs prévus pour de telles charges et le fait d'accrocher des éléments à l’extérieur accentue l’effet «sac lourd».

Nous déposons les sacoches à l’accueil du camping. Nous nous sentons un peu nus sans les 2/3 de nos affaires. Cçà fait vraiment bizarre.

Nous attrapons le bus pour Thórsmörk. Ce trajet se fera en prenant 2 bus. Le premier, avec un super chauffeur, nous amène 13km plus loin, puis nous changeons pour un bus 4x4 avec un chauffeur plus rustre. Petite pause à Seljalandsfoss et nous attaquons ensuite la piste. çà secoue sérieusement. Nous passons plusieurs guets pas trop profonds. Il y a un petit arrêt avec vue sur une langue glacière. Puis c’est reparti. Nous devons changer de côté de vallée. Il nous faut alors traverser une énorme rivière. C’est profond et c’est long. Nous avons un peu peur de retrouver nos affaires trempées. Arrivée à l’Auberge de jeunesse. C’est un peu le speed. D’après notre carte, c’est pas le point de départ du trek et d’après le chauffeur, nous devons descendre là. Nous verrons un peu plus tard que effectivement ce n’est pas le bon point de départ mais nous rattrapons le trek. Le fait de nous arrêter à cet endroit nous a permis, d’après les horaires de car, de gagner 2 heures de bus.

Nous nous posons pour manger, puis c’est parti. Nous demandons notre chemin aux premières personnes croisées car nous sommes un peu dans le doute. Et oui ! Nous sommes sur le bon chemin, et surtout le soleil est avec nous, ça fait plaisir !

Le chemin démarre par une petite colline et nous évoluons dans une fôret, c’est curieux en Islande ! Nous redescendons de la colline et voyons un immense lit de rivière avec un joli cours d’eau qui serpente au milieu. Mais pas de pont ! Cela fait 1 heure que nous sommes partis, et hop, premier guet. Il y a du courant et l’eau est très fraîche. Le soleil aidant, nous franchissons la rivière sans que ce soit trop désagréable.

Après la rivière, l’environnement change. C’est plus aride. Cela ressemble plus à l’Islande que nous avons vu. Les montagnes nous entourent. Elles ont des failles et des couleurs surprenantes. C’est magnifique. Nous marchons dans du sable. C’est épuisant et bien que nous puissions nous croire à la plage, ce n’est pas le cas. La pluie arrive et il faut nous équiper. Autant sur le vélo, nous sommes extrêmement bien équipés, autant, avec un sac à dos, nous n’avons pas l’équipement le plus adapté (sursac qui ne tient pas bien, poncho trop petit...).

Nous continuons à avancer. La pluie s’en va. Les montagnes qui se dressent devant nous semblent infranchissables. Nous nous demandons vraiment où va passer le chemin. Nous passons un pont pour franchir une grosse rivière qu’il est impossible de traverser à guet. Ensuite, grosse montée dans le sable. C’est bien difficile, surtout que nous ne savons pas exactement où nous sommes sur la carte. Nous avons la carte mais c’est une 1/50 000. Nous n’avons pas l’habitude et le tracé du chemin est grossier sur la carte. Pas facile de se repérer.

En haut de cette belle côte, nous voyons le refuge au loin. Nous arrivons finalement au refuge tard, vers 19h. La petite surprise étant qu’il faut payer pour camper et nous savons que nous n’avons pas le droit de bivouaquer dans le coin.... Difficile à accepter surtout que l’eau des robinets est gelée et que les emplacements de camping sont composés de sable. Un vrai plaisir pour les sardines et pour fixer la tente !

Nous retrouvons beaucoup de français. Nous faisons profil bas... Nous sommes légèrement équipés par rapport aux autres. Nos sacs sont 2 fois plus petits et notre tente est 2 fois plus grosse. Mais, nous avons l’essentiel. Nous n’avons rien oublié et nous n’avons pas froid malgré l’altitude.

 

Voila une première journée de trek dans notre voyage à vélo. çà change !

 


Vendredi 12 Août 2011

Botnar - Alftavatn

2nd jour de trek

 

Distance parcourue à pied ~15km

 

Ce matin, nous sommes réveillés dès 6h00 par des voisins très matinaux. Ils s’activent. Nous, nous restons au lit encore une petite heure. Nous déjeunons sous le soleil, face aux montagnes et au glacier. Nous déplantons et rangeons et aujourd’hui encore, ce n’est pas évident. Refaire les sacs est plus compliqué que les sacoches car tout est vraiment millimêtré. Vivement que nous mangions pour évacuer de la nourriture (plats lyophilisés) qui prend beaucoup de place.

Selon les infos du refuge de départ, l’étape d’aujourd’hui devrait durer 6-7 heures pour soit disant 40 m de dénivelé...40 m que l’on voit aussitôt après le refuge. Au final, nous pensons que cela correspond juste à l’écart d’altitude entre les 2 refuges mais aucune info sur le dénivelé.

L’étape est tout de même assez plate. Nous traversons un grand champ de sable noir, ce qui est usant, et nous slalomons entre les montagnes. Nous croisons de temps en temps une piste, ce qui nous démoralise pas mal puisque nous réalisons que d’autres personnes, qui ne marchent pas, peuvent profiter du même endroit que nous, sans effort !

Nous passons une grosse rivière, sur un pont heureusement, très jolie avec une petite cascade. Mais hélas, quelques hectomètres plus loin, il y a une seconde rivière, plus calme, mais dépourvue de pont. Il nous faut traverser à pied.  La rivière est plus large que la veille et l’eau est beaucoup plus froide aussi. Il est drôle de faire les manip’ de changement de chaussures mais il ne fait pas chaud aujourd’hui. Le plaisir n’est pas vraiment au rendez-vous. Puis nous passons une troisième rivière, avec un pont. Il y a des rapides, les rayons de soleil dessus, c’est joli.

Nous voyons, en arrière plan, les montagnes vers lesquelles nous nous dirigeons et qui ont les couleurs caractéristiques du Landmannalaugar. Nous devinons qu'à vol d’oiseau, nous ne sommes pas loin de l’arrivée du jour. Très rapidement, nous arrivons sur un refuge. Celui-ci n’est pas officiel (ce n’est pas un refuge FI). Il y a des travaux, voitures, tractopelle... Ça gâche le côté nature de la randonnée. Nous continuons pour nous poser un peu plus loin dans une pente «herbeuse», puisque nous avons enfin quitté le sable noir. Le vent se lève, les nuages s’épaississent. Nous ne traînons pas pour rejoindre le refuge de Alftavatn. Nous hésitons à enchaîner les étapes. D’après la carte, le refuge n’est pas loin mais nous ne le voyons toujours pas.

Une petite traversée de guet plus loin et nous voyons enfin le refuge. Il est 15h. Nous décidons de nous y arrêter pour ce soir. Le refuge est à côté d’un immense lac. C’est joli. Le ciel gris gâche un peu la vue. Une fois de plus, il faut payer pour l’accès à l’eau froide, aux WC et avoir le droit de planter la tente. Le sol est tout de même bien plus propice au camping.

Nous profitons de notre arrivée en milieu d’après midi pour nous reposer et aussi aller se balader au bord de l’eau. Il nous faut du repos si demain nous voulons doubler les étapes annoncées plus courtes que les 2 premières.

Rencontre très sympa ce soir avec 2 frères alsaciens qui marchent depuis 14 jours et qui traversent l’Islande du nord au sud. Un bon moment d'échanges.

 

Aujourd’hui, nous avons marché 5 heures pour relier les 2 refuges et nous n'avons pas eu besoin de mettre les vêtements de pluie. çà fait plaisir.

 

 

 


Samedi 13 Août 2011

Alftavatn - Landmannalaugar

3ème jour de trek

 

Distance parcourue à pied : ~ 20 km

 

Réveil à 6h20. Ce matin, nous décollons tôt afin d’enchaîner les 2 étapes restantes. Départ à 8h. La tente est sèche, il fait beau, et les sacs commencent à retrouver volume et poids plus agréable. Nous partons avec le vent de face qui ne nous quittera pas de la journée. Il faut traverser une rivière. On nous a parlé d’un guet...peut être est-ce l’heure matinale, mais elle se laisse franchir sans que nous mettions les pieds dans l’eau. Petite victoire qui fait du bien au morale. Ensuite, nous attaquons l’ascension de la montagne.

Au pied de cette belle côte, une rivière. Fort de notre récente réussite, nous tentons de traverser sans enlever les chaussures. Sur les 4 pieds présents, seul 1 ressort un peu mouillé. C’est pas mal du tout.  

Nous attaquons alors une côte dont nous entendons parler depuis 2 jours par les différentes personnes croisées : une descente horrible pour ceux que nous avons rencontrés, nous annonçant donc une atroce montée. Finalement, nous accrochons au sol plus que nous le craignions. On nous avait prévenus que, sans bâtons, cela allait être dur. Peut-être que nos petits sacs nous ont bien aidés mais hormis la fatigue résultant du dénivelé, rien d’impossible.

En haut, il fait frais car nous sommes en plein vent. Mais le panorama est une merveille : le lac, les glaciers au loin, le vert des montagnes... c’est somptueux. Nous tentons d’immortaliser cela au travers de photos mais au final, cela ne montre qu’une partie de la magie. En reprenant le chemin, surprise devant nous ! Les couleurs ne sont plus les mêmes. C’est tout aussi magnifique, panorama de montagnes jaunes, de fumeroles, de neige...

Nous avançons en faisant des photos à chaque pas ou presque. Le chemin monte et descend au fil des petits canyons creusés par l’eau froide ou par l’eau chaude. A chaque endroit où nous posons les yeux, c’est beau. C’est la nature à l’état brute. Nous ne sommes plus dans un trek mais dans les zones touristiques géothermiques type Myvatn, mais heureusement, seuls les randonneurs passent ici. Nous en oublions le trek pour nous balader, c’est magique.

Au bout de cette vallée d’émerveillement, nous sommes devant une seconde vallée tout aussi belle. Avec au bout, le refuge. Mais on nous a prévenu : nous verrons l’objectif qui semble à porter de pas mais en réalité, il faudra longtemps avant d’y arriver... En effet, le chemin balisé par des poteaux bien alignés cache de nombreuses petites montées-descentes usantes.

Nous arrivons finalement au refuge à 12h. Nous avons marché 4 heures pour une étape annoncée en 5-6 heures. Déjeuner derrière des pierres pour nous protéger du vent. Il ne fait pas chaud et nous ne traînons pas, nous enchaînons l'étape suivante.

Après la traversée d’une grande langue de neige et d’un champ de pierres, nous retrouvons des montagnes jaunes et vertes. C’est le Landmannalaugar tel qu’on le voit sur les cartes postales. Nous en prenons plein les yeux. Nous prenons le temps car nous savons que nous ne sommes pas trop loin de la fin du trek. Il faut savourer les pas qui nous séparent de la fin.

Nous arrivons sur la plaine du camping. Plus nous nous rapprochons de la fin, plus nous croisons de randonneurs et aussi des familles. Nous traversons le dernier champ de lave qui nous sépare du camping, qui ressemble vraiment à une idée du chaos.

Et c’est le choc § Nous voyons le camping et c’est la folie ! Des dizaines de tentes, des voitures, des bus, du monde partout. Après des journées à ne pas croiser beaucoup de monde sur le chemin, ça fait vraiment bizarre. Nous choisissons un emplacement. Ils sont au choix, humides ou pleins de cailloux. Tous les emplacements secs et non caillouteux sont pris par les groupes. Nous en trouvons un qui nous semble être un bon compromis. Il n’est pas entièrement humide. Évidement, les douches sont payantes, bien que l’eau chaude coule naturellement à coté.

 

Nous sommes contents d’arriver. Nous savons que demain nous allons reprendre le bus pour continuer notre voyage à vélo. Nous avons eu de la chance avec la météo et nous avons enormément apprécié ce trek. La source d’eau chaude du Landmannalaugar est hyper fréquentée. Epuisés, nous ne trouvons pas le courage d’y aller ce soir.

 


Dimanche 14 Août 2011

Landmannalaugar - Hella

 

Liaison en Bus

 

Ce matin, réveil vers à seulement 8h dans la mesure où notre bus pour rentrer à Hella est à 15h30. Il n’y aucune raison de se presser. Au contraire, il va falloir occuper le temps.  Le vent souffle très fort ce matin. Nous traînons dans les duvets jusqu’à 9h. Nous nous interrogeons sur la stratégie à adopter. Déplanter ce matin pour garder la tente sèche ou déplanter avant de prendre le bus pour garder un bout de chez nous, à l'abri, le plus longtemps possible. Ce matin, il fait froid. En tout cas, nous le ressentons ainsi. La fatigue ne doit pas aider.

Nous nous motivons, malgré le froid, pour aller à la source d'eau chaude naturelle. Ce serait dommage de ne pas se baigner dans une source gratuite. Nous élaborons un plan d’attaque pour ne pas avoir à rester trop longtemps dehors en train de se changer. Au moment où nous y allons, nous avons la surprise de voir qu’il n’y a pas énormément de monde. 

Nous profitons de l’eau chaude pendant 1h30. C’est un vrai bonheur que de cuire dans une eau à 40-42°C. C’est tellement bon que nous avons l’impression qu’il fait meilleur dehors et que le vent s’est arrêté. Mais ce n’est qu’une impression. La sortie de l’eau nous rappelle la réalité du climat islandais.

Nous larvons dans la tente, qui tient très bien au vent. Nous rangeons toutes nos affaires et nous rendons compte que notre tente a changé de couleur. Elle est devenue plus foncée. Normal le vent soulève du sable et de la cendre et en a déposés sur notre tente toute la nuit.

Repas sur les tables du camping. Nous sommes frigorifiés mais il faut attendre encore un peu pour prendre le bus. Petit moment d’hésitation pour prendre le bon bus. D’autant que Hella se prononce Hetla, du coup, pas facile d’être certains des infos.

2h30 de bus pour retourner à Hella. Alors que le trajet aller a eu lieu dans un environnement humide, aujourd’hui, le décor est plus celui d’un désert. Malgré tout, nous passons quelques guets, plus petits que la dernière fois. Pause photo devant le volcan Hekla.

18h, nous arrivons à Hella. Nous en profitons pour faire quelques courses car nous sommes plutôt à sec pour les prochains jours. Nous récupérons nos sacoches dés notre arrivée au camping bien que la patronne nous avait laissé entendre que ce serait sans doute préférable pour elle de reprendre nos affaires le lendemain matin.

Nous retrouvons nos vélos, tout va bien.

Afin de célébrer la fin du trek, repas fast-food au camping, burger/frites pas mauvais du tout. Grosse douche pour faire partir la poussière et la crasse du trek. Ça fait un bien fou.

 

 

Demain, c’est reparti avec les vélos !